Donne-moi la main
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Donne-moi la main
Origines : France, 2008
Durée : 80 minutes
Sortie France : 18 Février 2009

Synopsis :
Antoine et Quentin, frères jumeaux de 18 ans, décident, à l'insu de leur père, de se rendre à pied en Espagne afin d'assister aux funérailles de leur mère qu'ils ont peu connue. La route va mettre à nu leurs différences de manière insoupçonnée.


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Notre avis

Deux frères sur la route
Quentin et Antoine sont jumeaux et partent sur la route pour assister aux funérailles de leur mère qu’ils n’ont pas connue. De cette figure maternelle, il n’en est presque jamais question : on l’aura compris, ce road movie est essentiellement un prétexte pour filmer les relations entre ces deux frères, qui bien que semblables physiquement, ont une nature bien différente.

Il est ainsi question de quête identitaire dans ce film qui se déroule intégralement sur la route : c’est ce voyage qui va révéler la véritable personnalité de chacun, en affirmer l’unicité. Ce que Pascal-Alex Vincent réussit plutôt bien, c’est la peinture complexe, ambiguë de cette relation fraternelle, à la fois fusionnelle et conflictuelle. L’un essaie constamment de prendre l’ascendant sur l’autre, et pourtant leur complicité est forte et belle. A partir du moment où Quentin disparaît, Antoine n’a plus le même équilibre : c’est cette complémentarité que cherche à montrer le réalisateur, malgré leur rivalité et leurs différences.

Ce qui pose problème en revanche, ce que le film a tendance à prendre la pose : très avare en dialogue, ce qui ne gênerait pas si tout était porteur de sens. Or, ce silence semble davantage une solution de facilité, un moyen de contourner les difficultés. Le réalisateur fait en effet tourner des comédiens amateurs, ce qui explique que le film pêche parfois niveau interprétation.

Autre défaut notable, propre à l’expérience du "premier film" : Donne-moi la main est étouffé par ses influences. Larry Clark, mais surtout Gus Van Sant : Gerry a manifestement beaucoup marqué le réalisateur. Il n’empêche que le film est soigné, ayant fait l’objet d’un vrai travail esthétique (la façon dont est filmée la nature, notamment). Vincent y révèle de vrais talents de réalisateur. Mais Donne-moi la main a tendance à tourner à l’ennui à force de cultiver son propre mystère. Derrière ces belles images, on se demande si le film a réellement quelque chose à dire… Du cinéma qui se cherche.

[Publié par Etienne Bouche]

Bonus DVD & Blu-Ray

Making-of
Le making-of, réalisé par Willem Kaba, éclaire quelque peu les choix de Pascal-Alex Vincent, même si dans l’ensemble le contenu est dispensable. Vincent commente la genèse du film ; c’est parfois intéressant, même si on aurait préféré qu’il parle davantage de certaines séquences du film, dont le sens reste obscur. Le réalisateur parle bien sûr d’Alexis Kavyrchine, chef opérateur du film, qui a en effet effectué un travail remarquable. Le making-of est ponctué par l’intervention des acteurs (Anaïs Demoustier et les frères Carril). Même Katrin Sass, dont l’apparition est très courte, commente le film. On sent l’investissement autour du film, mais le making-of n’a rien d’indispensable dans son contenu. De même que les scènes coupées.

Courts-métrages
La bonne idée du DVD, c’est d’avoir intégré certains des courts-métrages du réalisateur. Un rapprochement justifié par la thématique : l’adolescence, la construction de soi. Tchernobyl (6 min) est un court-métrage charnel, filmant la liberté des années 80, dans lequel on retrouve l’intérêt pour la nature et la photographie. En revanche, Bébé requin, en compétition pour la Palme d’Or section court-métrage en 2005, est particulièrement pénible. Que la filiation soit assumée ou non, le film n’est qu’une méchante copie de Larry Clark : sexe à tout va, violence physique et verbale, skate et rock fou furieux… On est dans l’exercice de style vain.

Galerie photos
Finalement, l’une des propositions les plus intéressantes du DVD, c’est bien la galerie photos. Car au fond, c’est ce qui séduit le plus dans le film : les qualités esthétiques. Les photos défilent à la façon d’un diaporama, avec en fond sonore la musique originale envoûtante de Tarwater. Une façon de se replonger dans l’atmosphère du film, sans en subir les intermèdes ennuyeux. Tout à fait recommandable, donc.
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